Victime d’un malaise au meeting d’En Marche, la députée Corinne Erhel est décédée

La députée Corinne Erhel est décédée brutalement à l'âge de 50 ans, victime d’un malaise au meeting d’En Marche, ce vendredi soir à Plouisy.

12/05/2017 à 19:10 par Erwann Hirel

Corinne Erhel en compagnie d'Emmanuel Macron lors de sa visite à Lannion en juin 2015. Elle figurait parmi sa garde reprochée dès l’origine du mouvement En Marche !
Corinne Erhel en compagnie d'Emmanuel Macron lors de sa visite à Lannion en juin 2015. Elle figurait parmi sa garde rapprochée dès l’origine du mouvement En Marche !

Députée socialiste de la Ve circonscription des Côtes-d’Armor, Corinne Erhel a été victime d’un malaise, ce vendredi vers 20h30. Elle n’a pas survécu, témoigne sous le choc le conseiller départemental de Guingamp Yannick Kerlogot. Rallié à En Marche et présent, il devait l’accompagner à l’issue de la réunion avec le député écologiste François de Rugy. L’élue trégorroise était âgée de 50 ans.

Elle s’effondre en plein meeting

C’est alors qu’elle avait pris la parole depuis quelques minutes pour conclure la réunion publique de soutien au mouvement En Marche ! d’Emmanuel Macron, à Plouisy, qu’elle s’est littéralement effondrée en avant. Deux médecins et deux infirmières qui se trouvaient dans l’auditoire sont intervenus immédiatement pour assurer les premiers soins, puis le Samu a pris le relais et a prodigué à l’élue un massage cardiaque durant une trentaine de minutes, tandis que la salle était évacuée. Corinne Erhel avait ensuite été transférée à Saint-Brieuc dans un état très grave.

Parmi les très nombreuses réactions émues, tant au plan local qu’à l’échelle nationale, celle du Président de la République François Hollande :

Dernière oratrice du dernier meeting de la campagne présidentielle en Bretagne, près de Lannion, où elle avait commencé son engagement politique, Corinne Erhel nous a tragiquement quittés vendredi 5 mai. Députée depuis 2007, elle s’était pleinement investie dans son mandat parlementaire tout en restant proche des gens dans une attention toujours discrète. Elle avait suivi avec passion les enjeux du numérique, dans ses dimensions de transformation des territoires avec le souci constant que cette transformation puisse apporter un progrès à chacun. J’adresse à son compagnon et à ses proches l’expression de mes sincères condoléances.

Au nombre des soutiens de la première heure du candidat à la présidentielle Emmanuel Macron, Corinne Erhel s’était considérablement investie dans sa campagne et devait rejoindre son équipe dimanche à Paris. Elle s’était d’ailleurs engagée à jouer les reporters pour le Trégor aux côtés d’Emmanuel Macron.

Certaines sources lui prêtaient un avenir ministériel. En parallèle, elle avait dû faire face à de fortes pressions du Parti socialiste, dont le mot d’ordre était l’exclusion des élus ralliés à Emmanuel Macron.

Diplômée de l’Institut des Hautes études de droit rural et d’économie agricole (IHEDREA) avec une spécialisation en aménagement du territoire, elle avait travaillé auprès de Pierre-Yvon Trémel durant 7 ans au sein de la Charte Intercommunale du Trégor Rural, puis durant 10 ans en tant que collaboratrice parlementaire, aux côtés d’Alain Gouriou, alors député et maire de Lannion.

Députée depuis 2007

C’est en 2007 qu’elle était devenue la première femme députée de la 5e circonscription des Côtes-d’Armor. Largement réélue en 2012, elle se présentait à nouveau pour les prochaines législatives, cette fois sous l’étiquette En Marche !. Elle avait fait savoir que ce serait-là son dernier mandat de députée.

Membre de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, elle figurait au palmarès des députés les plus actifs, notamment sur les sujets liés à l’économie numérique (grand point de convergence avec Emmanuel Macron, qu’elle avait accompagné au Consumer Electronic Show à Las Vegas). Elle s’y consacrait « avec le souci de prendre en compte la dimension industrielle d’un secteur où les nouveaux services et les nouveaux usages de l’Internet concentrent les attentions ».

Corinne Erhel s’impliquait également dans  les dossiers liés à l’agriculture, au développement durable, à la consommation, à l’éducation ou encore à l’aménagement du territoire.

Le  Trégor présente ses condoléances à sa famille, à ses proches comme à celles et ceux qu’elle associait à son action.

En ces circonstances terribles, la rédaction tient à souligner que Corinne Erhel  était de ces (trop) rares élus qui ne confondent pas les journalistes avec des attachés de presse. Et qu’elle a toujours respecté leur travail, avec courtoisie, quels qu’aient été les sujets traités dans nos colonnes.

Localité(s) :
22300 Lannion

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