Rennes Du plastique à partir de bactéries : le pari fou d'un chimiste de Rennes

Un chimiste de Rennes a mis au point un procédé permettant de créer du plastique biodégradable et biosourcé à partir... de bactéries. Explications.

09/01/2017 à 16:08 par Timothée L'Angevin

Jean-Luc Audit, chercheur à l'ENSC de Rennes,
Des plastiques à partir de bactéries, une invention de Jean-Luc Audit, chercheur à l'ENSCR, à Rennes (photo : © ENSCR)

Le mécanisme semble simple sur le papier : on nourrit des bactéries avec des déchets naturels, puis on les affame. Stressées, elles vont se mettre à produire des biopolymères, qui serviront à créer du plastique. Cette brillante invention a été mise au point par Jean-Luc Audic, chercheur à l’École nationale supérieure de chimie de Rennes (Ille-et-Vilaine). Depuis plusieurs années, il travaille sur l’élaboration de nouveaux matériaux biosourcés et/ou biodégradables à partir de produits issus de l’industrie agroalimentaire.

Avec son équipe, il a découvert sur les côtes bretonnes des bactéries capables de produire du plastique par fermentation. « Nous les avons mises en culture dans un bioréacteur (une cuve permettant de contrôler le développement des bactéries, la température, l’oxygène…) dans un substrat composé de déchets de l’activité agricole ou de l’industrie agroalimentaire. »

Des sacs plastiques destinés à l’emballage

Une fois ces bactéries parvenues à une croissance satisfaisante, elles sont soumises à un stress alimentaire. « Privées de certains nutriments, elles se mettent alors à faire des réserves énergétiques en produisant des granules de PHA (polyhydroxyalcanoate), qui constitue un biopolymère de la famille des polyester », indique le scientifique.

Les granulés seront ensuite livrés à des entreprises spécialisées dans la transformation des matières plastiques qui pourront produire, entre autres, des sacs destinés à l’emballage des aliments. Cette alternative répond ainsi de manière propre à l’interdiction des sacs plastiques à usage unique dans les magasins.

(© ENSCR)
Privées de certains nutriments, les bactéries se mettent à produire des granules de PHA (© ENSCR)