Lannion Obsèques de Corinne Erhel : photos et hommages

Retour en images sur les obsèques de la députée Corinne Erhel, mercredi à Lannion, et extraits des hommages prononcés durant la cérémonie.

12/05/2017 à 19:08 par Administrateur

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Emmanuel Macron, Président de la République :

« Je revois ici autour de Corinne des visages d’amis et de combats partagés. Je me souviens de mon premier déplacement à Lannion en 2015 en tant que ministre. Corinne m’y avait invité pour venir visiter cette ville dont elle était si fière, et réconcilier, un instant, quelques-uns des combats qu’elle menait ici à vos côtés, et ceux qu’elle menait à Paris. Corinne était une femme de combat.
Le combat d’abord pour l’innovation, celui qui l’a constamment passionnée et qui m’a donné la chance de la connaître, se battant au Parlement sur à peu près tous les sujets portant la cause des entreprises et des entrepreneurs de l’innovation technique, mais aussi sociale et sociétale. Vous avez rappelé M. le ministre (NDLR : Jean-Yves Le Drian) combien elle avait défendu Alcatel-Nokia. Elle défendait sans relâche la capacité à innover dans ce pays. J’ai vu chez celle cette joie à la fois enfantine et spontanée quand elle est venue avec moi à Las Vegas. Nombre de rapports qu’elle a pu écrire et partager avec des parlementaires, et qui pendant plusieurs années ont porté avec elle cette cause de l’innovation et du numérique, sont encore aujourd’hui des rapports qui font référence.

« Ses appels pour défendre la cause du sable coquillier »

Son autre combat, c’était celui de l’environnement. Je l’ai tôt compris et je dois dire que ses appels pour défendre la cause du sable coquillier font partie des choses qui me manqueront terriblement. Vous êtes plusieurs dans cette salle à avoir mené ce combat à son côté et je saurai m’en souvenir. Mais elle a, avec un esprit de responsabilité, une ardeur, une volonté de convaincre à chaque instant, mené pendant des mois et des mois à vos côtés ce combat pour les belles côtes du Trégor.
Je me souviens aussi de ces promenades faites sur ces magnifiques côtes, de nos discussions, de cette force qui ne la quittait jamais.
Elle avait sur tous ces sujets le même attachement, la même volonté de convaincre, de réconcilier cette cause environnementale avec la capacité à innover (…) Avec cette intelligence chevillée au territoire. Elle avait un attachement irréductible à la Bretagne.
Corinne était une femme d’engagement, un engagement sans relâche, celui de la parlementaire qui n’a jamais cessé de travailler à Paris comme ici, celle que nous avons vue, pendant des mois et des mois se battre sur un texte de loi que j’avais eu l’honneur de porter. Elle ne comptait ni les jours ni les nuits pour convaincre.

« Elle était en même temps socialiste et En Marche ! »

L’engagement c’est aussi celui que, dès l’été 2016, Corinne a décidé de mener à mes côtés pour une cause qu’elle croyait juste. Et elle a su le faire comme quelqu’un de rare avec un engagement extrême, et un respect pour ses compagnons de tant et tant d’années. Elle était en même temps socialiste et En Marche !, et je ne lui ai jamais demandé d’être moins l’un ou l’autre. Mais elle s’est engagée dès la première heure en donnant sa confiance, son temps, son énergie. Elle faisait preuve d’exigeance et de bienveillance. Elle ne s’accordait rien à elle, mais elle pardonnait beaucoup aux autres.

« Cette morsure du destin lui aura volé sa joie »

Il y a des personnes qui sont une grâce, et qui, quand elles accompagnent des combats difficiles, permettent de ne jamais oublier le trésor que constitue l’humanité. Corinne en faisait partie et je sais que pour tous ceux qui sont là, qui l’ont côtoyée, elle manquera terriblement.
La morsure du destin est ainsi, et fait que dans les dernières heures de cette campagne, elle nous a quittés, elle n’a pas pu se réjouir (…). Cette morsure du destin lui aura volé sa joie et aura porté une ombre sur la nôtre. Cette ombre, c’est la dette que nous avons à son endroit. Celle-là pour toujours, nous vous la devons.

Jean-Luc Le Rhun, mari de Corinne Erhel :

Tu ne le montrais pas mais derrière ton armure pointaient des faiblesses. Tu avais un très haut degré d’exigence. L’ADN de la politique n’était pas le tien. Des déceptions t’ont affectée récemment. Tu n’avais pas beaucoup de temps à toi mais tu accordais toujours des moments avec tes proches, tes parents le week-end. Une semaine par an nous partions en vacances au Pays Basque ou en Corse. Tu t’en vas rejoindre ceux que tu aimes. Je citerai une maxime de Victor Hugo pour terminer : « Esprit libre, faut-il préférer la consigne à la conscience ? Non merci.

Eric Bothorel, suppléant de la députée :

Pour le mouvement En marche tu était venu me voir. Tu savais que je ne t’aurais rien refusé. Nous partîmes à 8 à la terrasse d’un café puis nous nous vîmes 2 000 mais sans toi. La suite ce ne sera pas simple. En 2015 tu m’avais dit à ton retour du CES de Las Vegas « Il faut que je te présente Emmanuel ». Ton engagement sur les nouvelles technologies n’était pas technique mais comment ces technologies pouvaient amener de la justice sociale avec territoires enclavés. Le numérique étant le quai du futur. Tu ne t’accordais pas de répit. Tu étais exigeante et souriante, en même temps. Socialiste et en marche, en même temps. Tout donner n’était jamais assez pour toi.

Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, président de la Région :

Il y a la flamme d’une évidence pour Corinne. Une femme remarquable et une responsable exemplaire. Sa modestie refuserait cette éloge. Tu t’étais prise de passion pour le Trégor, ce concentré de Bretagne. Louis Guilloux disait : « La question n’est pas de savoir quel est le sens de cette vie mais que pouvons nous faire de cette vie ? » Elle y a répondu par son engagement au service des autres. J’ai remarqué chez elle immédiatement sa loyauté et sa joie de vivre quand elle est arrivée au conseil régional. Elue à l’Assemblée Nationale en 2007 c’était un bonheur de la voir ainsi se révéler dans cette mission. Elle aimait les gens et ils le lui rendaient. Elle ne savait pas faire les choses à moitié en s’oubliant elle-même. Ce qu’elle souhaitait c’était travailler pour une société plus juste. Elle faisait preuve d’une force de travail, mais surtout elle montrait une méthode d’action politique. Elle nous disait souvent «  Arrêtons d’ériger des digues entre nous ». Lannion qu’elle aimait tant et qu’elle aimait chanter à travers les vers d’Anjela Duval. Elle a incarné son territoire, Corinne manquera à la Bretagne et à la République.
22300 Lannion

Captcha en cours de génération.....Version audio
Changer l'image