Lannion Sébastien Rolland, un éleveur dans la ville

Dans son exploitation de Kerverder, Sébastien Rolland a reçu la visite de la sous-préfète Christine Royer. L'occasion pour l'éleveur et les membres de la FDSEA de plaider pour une vraie écoute du monde agricole.

10/03/2017 à 12:01 par Bertrand Dumarché

Sébastien Rolland est passionné de génétique. Son travail lui permet de présenter des vaches comme Jade aux concours. -
Sébastien Rolland est passionné de génétique. Son travail lui permet de présenter des vaches comme Jade aux concours. -

Il y a une vraie fierté dans les yeux de Sébastien Rolland quand il parle de Jade. Une magnifique robe rousse. Une démarche séduisante malgré ses 960 kg. C’est tout cela qui a conquis le jury du Space (salon agricole de Rennes) cette année. La Limousine a gagné le concours général dans sa catégorie. Une performance pour cette bête de deux ans et demi. « Elle est née sur l’exploitation », raconte l’éleveur comblé. Il devrait d’ailleurs la présenter l’année prochaine au Salon à Paris.

« Sa grand-mère est toujours sur la ferme. » Une championne, elle aussi. « Jade, je l’ai bichonnée dès le début. » Il faut dire que la génétique, c’est son truc. « Tout ce qu’elle mange est pesé. Elle a une douche tous les deux jours. » Un vrai traitement d’athlète de haut niveau. Ses performances, c’est la vitrine de l’exploitation.

Vente à Trégastel

Le quotidien, c’est surtout beaucoup de travail. Des journées de 10 à 12 heures en ce moment. Beaucoup plus quand arrivent les beaux jours. Et des soucis plein la tête. À 29 ans, Sébastien Rolland travaille seul sur l’exploitation qu’il a reprise de ses parents, il y a deux ans. 60 mères allaitantes. Et chaque année entre 15 et 20 vaches qu’il vend au Super U de Trégastel. « J’en fais aussi 5 ou 6 en vente directe. » Un marché qui lui permet un revenu de 500 € chaque mois. Heureusement que son épouse travaille à l’extérieur.

Une vache, c’est quatre ans de travail. Quatre ans pour vendre, au final, la viande à 5 ou 5,50 € le kg. « C’est la finition qui coûte le plus cher », pour faire une viande de qualité. « Ça a été ma première préoccupation quand je me suis installé. Trouver des débouchés pour ma production. » Cette année, il n’investira donc pas dans l’agrandissement programmé de sa stabulation.

Optimiste

Sébastien Rolland a l’agriculture vissée au corps. Fils d’agriculteur, il n’imaginait pas faire autre chose. « Le troupeau, je le connais par cœur. Agriculteur, c’est un métier de passion. » Alors qu’importent les discours pessimistes, les mauvaises années à répétition. Tant pis si les négociations en cours ne s’annoncent pas bonnes pour la filière. Il faut faire avec l’urbanisation grandissante pour cette exploitation de 102 hectares aux portes de la ville, à côté de la déchetterie.

Le jeune agriculteur est optimiste. Il connaît les difficultés de son métier. Lui aussi n’a pas hésité parfois à manifester son mécontentement. Et s’il continue c’est aussi pour tisser des liens entre le monde rural et l’urbain. Sa situation à proximité de la zone industrielle l’y incite. « Plusieurs fois par an, je vais avec mes vaches sur le parking du Super U. » Aimer son métier, c’est le défendre et le montrer.

22300 Lannion

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