Gens d'ici. Jo Even, l'homme aux 6 000 bals

Jean-Yves Even, dit Jo Even, est une figure du monde de la musique. Mais l'accordéoniste aux 6 000 bals a également oeuvré dans le monde associatif.

06/01/2017 à 17:33 par Administrateur

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« C’est là que je me suis forgé, que j’ai acquis la notion du travail. » A Crec’h Quiniou en Rospez, Jo Even, devenu l’accordéoniste aux 6 000 bals, passait toutes ses vacances scolaires. Avec son frère Alain, dans la ferme de leurs grands-parents.
Né en 1946, il passe son brevet à Plouaret où résidaient alors ses parents. Sans aucune formation appropriée, le voilà embauché chez Tanguy, géomètre à Lannion.

« J’ai un côté rebelle »

« J’y suis resté 5 ans, souligne-t-il. J’en garde de super souvenirs. J’ai oeuvré en tant que métreur sur toute la commune de Rospez lors de la préparation du remembrement. C’était un grand cabinet de géomètre, nous travaillions à plusieurs dans le même bureau. Et, pour l’anecdote, cela m’aidait à rester éveillé le lundi après un week-end de musique. »
À l’époque, trois bals dans le week-end. C’est le tarif pour le musicien qui a débuté dès l’âge de 14 ans. Il passe ensuite 35 années dans les assurances, une profession qui lui convient à merveille ne serait-ce que par son côté relationnel et qui lui vaudra d’être récompensé à plusieurs reprises. « J’aime le contact mais également la solitude parfois, j’ai aussi un côté rebelle », souligne-t-il.

La musique en autodidacte

La musique, c’est sa vie. Jo est un accordéoniste mais pas que. Il joue du bandonéon, de la guitare, de la trompette et de l’accordéon électronique, « à l’époque, j’étais le premier à en jouer en Bretagne ».
« J’ai pris en tout et pour tout une dizaine de cours d’accordéon chez Marta Mauger à Lannion. J’avais 10 ans quand mon père m’a offert un accordéon, lui-même en jouait un peu. Je jouais à l’oreille, je pense modestement que j’avais un don. J’ai fait mon premier bal à 14 ans et 8 mois, c’était lors d’un mariage à Brélévénez. Je l’ai fait gratuitement. »
Pour remercier le petit, une quête a été faite et « c’est la première fois que j’ai gagné un peu d’argent en faisant de la musique… » Le début d’une longue série, pour celui qui compte pas moins de 6 000 bals à son actif.

Avec André Verchuren

Très vite vient l’idée d’un orchestre. Jo Even prépare les costumes de scène. Tous en blanc. « J’ai eu le même batteur, Dixon, pendant 31 ans et le même guitariste, Alain Martin, pendant 25 ans. C’est moi qui ai fait le plus de bals à la salle de Rospez », dit-il à l’heure où la salle des fêtes va être rasée. « Il y avait entre 1 000 et 1 500 personnes en matinée et soirées confondues. »
Il a sillonné toute la Bretagne les week-ends, a côtoyé des gens célèbres, André Verchuren, Bernard Hinault, notamment. Il est monté à Paris pour la première fois pour animer le bal des bretons de Paris. On était en 1969. « Ce fut une expédition », résume-t-il.
Combien de couples se sont formés lors de ses bals ? Très nombreux assurément. « Et j’ai même animé les noces d’or de certains d’entre eux ! » L’orchestre avait un public fidèle, qui le suivait partout.

« Mes musiciens me suivent »

Pas de boîte à rythme, pas de séquenceur, un véritable orchestre. « La batterie, c’est visuel, c’est beau à voir, c’est le batteur qui donne le rythme. » Et l’accordéoniste ? « Mes musiciens ne savent pas quel morceau je vais jouer, je ne planifie pas, ils me suivent. Et puis, c’est un peu le public qui décide. »

« Je me suis écroulé sur scène »

Mais, il y a 9 ans, l’artiste s’écroule sur scène. « J’ai été victime d’un AVC en plein bal à Scrignac. Je ne pouvais plus jouer. » Transporté à l’hôpital de Morlaix, il se retrouve à ne plus pouvoir ni parler ni écrire, paralysé du côté droit.
« Je me suis rendu compte au bout de trois semaines que je ne pouvais plus jouer de l’accordéon. Il m’a fallu une année pour réapprendre tous les morceaux ». Le voilà autodidacte pour la seconde fois. Il a fait sa rééducation seul, à force de volonté. Et trois mois plus tard, revoilà Jo sur scène.

La musique pour thérapie

Depuis, il ne cesse de jouer, une quarantaine de bals en 2016. « Au final, la musique a été une thérapie », avoue-t-il. Parallèlement, c’est aussi un homme d’engagement. Il a créé le comité des fêtes en 1977, il en sera le président durant cinq ans, et l’amicale cyclotouriste rospézienne, l’ACR, la même année.
Il fut également conseiller municipal pendant une mandature. Mais pas question de s’arrêter en si bon chemin. Quand la musique va tout va. Jo Even a repris le piano à bretelles.

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