Trébeurden Migrants : la vie s'organise

La CCAS accompagne ses hôtes, âgés de 18 à 26 ans, au travers de la restauration et de l'hébergement.

23/11/2016 à 14:22 par Administrateur

Poignée de main chaleureuse entre Edward Lépine, l'administrateur de la CCAS, et Ali, un migrant accueilli dans l'établissement trébeurdinais (photo : SophieDaspre-Guilhem).
Poignée de main chaleureuse entre Edward Lépine, l'administrateur de la CCAS, et Ali, un migrant accueilli dans l'établissement trébeurdinais (photo : SophieDaspre-Guilhem).

Dans les couloirs de la CCAS de Trébeurden, sur son seuil ou dans son proche périmètre, on croise des visages étrangers souriants qui vous saluent et vous adressent un bonjour chaleureux. Edward Lépine, administrateur à la CCAS, rappelle que la structure a été sollicitée dans le cadre du démantèlement de la jungle de Calais pour accueillir les migrants. Une mission qui s’inscrit dans l’esprit de solidarité propre à la structure, qui a mis à disposition en tout 3 200 lits répartis sur le territoire national. La CCAS accueille aussi environ 500 mineurs isolés en provenance de Calais qui sont encadrés par des animateurs et des éducateurs spécialisés.

À Trébeurden, l’établissement a accueilli 29 personnes au départ, mais trois ont choisi de partir en début de semaine. « C’est un phénomène connu, environ 5 % des personnes accueillies partent du lieu d’accueil », commente Vanessa Flechet, attachée de presse de la CCAS. Parmi les réfugiés, aucun ne désirait aller précisément en Angleterre ; ils fuyaient leur pays pour gagner l’Europe.

« Des jeunes polis et serviables »

La CCAS accompagne ses hôtes, âgés de 18 à 26 ans, au travers de la restauration et de l’hébergement. Les salariés de l’établissement les aident en répondant à leurs questions et favorisant les échanges. « Ça se passe très bien, commente Colette Houstler. Ces jeunes gens sont agréables, ils sont polis, propres, serviables, ils n’hésitent pas à débarrasser leur table. Ils ont envie d’apprendre le français et font leur possible pour s’intégrer. » Malgré des « parcours bien difficiles ». Et de citer en exemple Ali, 18 ans, qui a quitté le Soudan avec un ami et son jeune frère à bord d’un bateau qui a coulé. Seul survivant, il est parvenu à rejoindre la côte italienne à la nage, souvenir qui le hante encore la nuit. Fuyant un camp dont il n’a pas supporté les conditions, il a rejoint Nice où on lui a recommandé de partir pour Calais. Une grande déception.

Le personnel de l’établissement a commencé à communiquer avec les migrants grâce à l’utilisation d’un traducteur en ligne. Mais « aujourd’hui, ils font l’effort de comprendre et de s’exprimer. Le vigile de Coallia leur a appris l’alphabet et, depuis, l’un d’entre eux arpente le couloir en en mémorisant les lettres. Ils essaient de déchiffrer les affiches collées sur les murs pour se familiariser avec la langue, toujours avec le sourire ».

Pour l’anecdote, Colette Houstler confie qu’il faudra procéder à quelques ajustements culinaires : « Ils n’ont pas l’habitude de manger du fromage et les sauces sont trop fades. Il faudra les épicer, mais ils ne se plaignent jamais ! »

22560 Trébeurden

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