[PHOTOS - VIDEO] Migrants. Le FN renonce à sa manif de Trégastel

A l'issue d'un duel de slogans et de chants à Trébeurden entre frontistes et partisans de l'accueil des migrants, le FN a renoncé à partir pour Trégastel.

18/10/2016 à 10:45 par Administrateur

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Dès 17h30, les rangs des partisans de l’accueil des migrants grossissaient devant la mairie de Trébeurden, où le Front National avait appelé à un rassemblement à 18h. Une contre-manifestation en définitive unitaire à l’appel de nombreuses organisations, associations, syndicats et mais aussi mouvements politiques de gauche voire d’extrême-gauche. Un important cordon de gendarmes était déjà en place tandis que quelques militants frontistes préparaient leurs banderoles, dans l’attente de l’arrivée de Gilles Pennelle, chef de file des élus du mouvement de Marine Le Pen au conseil régional. Mais aussi d’Odile de Mellon, secrétaire départementale du FN.

Un face à face durant près d’une heure

Alain Faivre, maire de Trébeurden, a pris la parole devant les manifestants solidaires des migrants sur fond de brouhaha et de chants du Front national : “Les personnes que nous allons accueillir seront là jusqu’au 22 décembre car ensuite l’activité du centre EDF CCAS reprend.” Dans le détail, le maire a expliqué les conditions de logement et de vie des trente personnes attendues. ” Elles ne seront pas inactives. Il y aura des activités organisées. Il y aura des encadrants sur place pour les suivre et régler les problèmes de traduction également. Nous avons aussi beaucoup de bénévoles inscrits pour les aider. “

Aux slogans ” On est chez nous, Les Français en premier,  Socialos collabos “ ont répondu les ” F comme fascistes N comme nazis, Solidarité avec les immigrés, Vous êtes la honte de notre pays, Les réfugiés ils sont devant l’église “…

Séparés par le parking contrôlé par les forces de l’ordre, quelques dizaines de militants frontistes ont  ainsi fait face pendant près d’une heure à environ 500 contre-manifestants massés derrière le mur,  déterminés pour la plupart à afficher pacifiquement leurs valeurs d’entraide. Pour la plupart, car un groupe d’une vingtaine de militants plus radicaux, certains de la mouvance anarchiste et antifasciste, n’a pas chanté la même partition. Quelques jets de projectiles en direction des militants FN (dont un a atteint un journaliste du Trégor) se sont ajoutés au duel de slogans et de mégaphones, ce qui a amené les gendarmes à “densifier” leur cordon.

Gilles Pennelle a alors brièvement pris la parole : ” Nous ne nous en prenons pas aux immigrés et aux migrants mais à la politique du gouvernement soutenu par certains représentants de la droite, a t-il affirmé. Nous incarnons la résistance pacifique, ils incarnent la violence “. La Marseillaise a suivi puis une partie du groupe frontiste a pris vers 18h30 le chemin de Trégastel, où une seconde manifestation était programmée à 19h30. Mais au terme d’un moment de flottement (des contre-manifestants radicaux ayant apparemment déjà quitté le site pour les devancer), Gilles Pennelle a décidé de mettre fin à la mobilisation : ” Compte tenu de la violence de l’extrême-gauche, nous ne voulons pas faire courir de risques aux citoyens et aux forces de l’ordre”. Et ce sur les conseils des gendarmes, la configuration étant plus compliquée à gérer qu’à Trébeurden.

” Comme à Trégunc la semaine dernière, nous avons marqué notre présence à Trébeurden et montré notre détermination. Nous prenons une décision responsable face à la violence de la gauche et de l’extrême-gauche, qui jouent avec le feu contre une manifestation autorisée et pacifiste. Quand ils défilent nous ne défilons jamais contre eux. Face à cette violence, nous décidons de ne pas aller à Trégastel “, a conclu Gilles Pennelle. La conseillère régionale FN Agnès Richard, le conseiller municipal de Ruffiac (56) Stéphane Baud et son épouse ont quant à eux dénoncé l’agression dont ils ont été l’objet en traversant les rangs des pro-migrants, “des crachats et des coups dans les jambes”.

Des militants FN cernés à Trégastel

Reste qu’une vingtaine de manifestants du Front National avaient déjà rejoint directement Trégastel. Faute d’être prévenus de l’annulation du rassemblement, ils se sont retrouvés en présence d’environ 250 manifestants favorables à l’accueil des migrants, dont des militants plus radicaux effectivement accourus de Trébeurden. Blocage du carrefour, jets d’oeufs, insultes, la tension est vite montée et les gendarmes ont tenté de séparer les deux groupes. Littéralement cernés près du bureau de tabac, quelques militants du Front National ont finalement dû être exfiltrés par les forces de l’ordre, qui les ont placés sous leur protection. “ On a failli se faire lyncher, dénoncent deux d’entre eux. Notre manifestation est publique, déclarée et pacifique. Les pro-migrants sont libres de penser ce qu’ils veulent mais ils doivent respecter notre droit à exprimer dans le calme nos idées”.

La foule s’est disloquée vers 20h.

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